20 ANS DE PLAISIR THÉÂTRAL

Le théâtre Alchimic est né en octobre 2005 en lieu et place d’un ancien cinéma de 200 places, »Le Pigalle », que son propriétaire de l’époque, Monsieur Michel Fournier, a souhaité transformer en théâtre pour lui donner une nouvelle vie, et ainsi préserver cette salle car elle a une valeur historique. C’est là en effet qu’a eu lieu l’invention du cinéma horizontal par le père de ce propriétaire, Monsieur Jean Fournier, dans les années 1960. Il s’agit d’une très importante découverte technologique qui a révolutionné le monde du 7ème art, en ayant transformé la taille de l’écran presque carré du cinéma muet en écran rectangulaire panoramique. Cette invention a par la suite évolué techniquement en prenant le nom de Cinémascope. Mais le berceau de cette technologie de réputation mondiale est à Carouge, dans cette salle où a été fondé le théâtre Alchimic, qui doit donc toute son existence à cette invention du 7ème art.

Le premier spectacle du théâtre Alchimic a vu le jour dans la salle de ce vieux cinéma désaffecté, fermé depuis des années. Le metteur en scène Vincent Coppey l’a utilisée presque telle quelle comme écrin pour monter la création de la pièce « Plein soleil » dont il est l’auteur. Durant les trois premières années, les spectacles se sont joués sans s’enchaîner, faute de moyens. Puis heureusement en 2008, la Magistrate en charge de la culture de la Ville de Carouge, Madame Jeannine de Haller Kellerhals , nous a permis de recevoir une subvention pour voir comment nous allions évoluer avec ce soutien. Ensuite, les autorités carougeoises ont augmenté le montant de cette subvention. Nous leur sommes très reconnaissants de nous avoir ainsi accordé leur confiance depuis plus de 17 ans. Nous sommes aussi très reconnaissants envers la Ville de Genève qui a subventionné les compagnies genevoises se produisant à l’Alchimic jusqu’en 2020, puis qui a subventionné notre théâtre pour les créations entre 2021 et 2024. Et en 2025, le Canton de Genève a contribué à renforcer nos moyens en nous octroyant une subvention supplémentaire et quadriennale, nous lui en sommes également très reconnaissants.

Au niveau artistique, le théâtre Alchimic croit fermement aux artistes genevois. Ils n’ont selon nous rien à envier à ceux des grandes métropoles comme Paris, où certains de nos spectacles sont d’ailleurs accueillis. Notre canton est un terroir fertile pour le théâtre, il n’y a qu’à constater le grand nombre de salles qui s’y sont ouvertes ces dernières années par rapport à sa taille. Cela nous vaut même le dicton de «petit festival d’Avignon toute l’année» par certaines personnes. Il faut noter que c’est dans notre canton qu’a lieu le seul festival théâtral gratuit d’Europe qu’est « La Fête du Théâtre » ! C’est dire à quel point notre profession fait partie de l’ADN et de l’identité du Canton de Genève. Ainsi, c’est avec fierté que l’Alchimic y contribue depuis sa naissance.

Depuis 20 ans, notre théâtre a lancé de nombreux artistes, mais aussi des techniciens et des personnes exerçant différents métiers de la scène dans l’administration et la communication. L’Alchimic est resté fidèle à sa politique qui consiste à marier et faire dialoguer différentes expressions artistiques dans ses spectacles, afin d’exprimer au mieux les profondeurs des thèmes que nous explorons, souvent de façon ludique. L’actualité, l’originalité et la pluridisciplinarité sont restés les maîtres-mots de notre politique artistique. Aussi depuis la naissance de l’Alchimic, nous avons présenté presque 200 spectacles y compris ceux de cette saison, avec une grande majorité de représentations de créations.

En 2025-26, nous renouvelons cette mission avec dix spectacles, dont cinq créations et cinq accueils. En un clin d’œil : « Illusions » de Ivan Viripaev explore avec drôleries les aveux extra-conjugaux de deux couples mariés ; « Chez lui » de Patrik Cottet-Moine et Michel Courtemanche marie le mime, le bruitage et l’humour pour exprimer avec autodérision le côté clownesque de la vie ; « Invisible » de Yasmine Sagesser et Denis Correvon propose des preuves de l’immortalité et du pouvoir des médiums d’après des histoires vraies ; « VIDÉO CLUB » de Sébastien Thiéry est une comédie hilarante sur fond d’espionnage d’un couple par caméra cachée ; « Algorithme » d’Emilie Génaédig explore les conséquences de nos fortes dépendances aux nouvelles technologies ; « L’Imposture » de Lucie Hanoy et son collectif questionne les normes et le genre, en rendant hommage à ceux qui vivent dans la marge ; « La Tête Ailleurs » est une comédie musicale intime de Youri Rebeko et Camélia Acef, qui explore notre inconscient affectif et ses effets de façon plutôt comique ; « Lapin Lapin » de Colline Serreau exprime avec humour le chant de joie d’une famille nombreuse en pleine misère ; « Un rapport sur la banalité de l’amour » de Mario Diament raconte une passion amoureuse entre une juive et un nazi durant la Deuxième Guerre mondiale ; et « J’aime pas l’bonheur » de Marjolaine Minot propose une vision de l’existence questionnant avec drôleries les codes du bonheur qui nous sont dictés.

Bienvenue dans cette saison anniversaire où nous vous attendons pour souffler ensemble nos 20 bougies de plaisir théâtral.

Pierre-Alexandre Jauffret
Directeur