Adaptation théâtrale du Procès de Kafka par Daniel Wolf

du 10 au 29 avril 2018 > création

mardi et vendredi à 20h30, mercredi, jeudi, samedi et dimanche à 19h

Roman fameux, monument de la littérature mondiale, le Procès de Kafka remet clairement la notion de justice en perspective et en question avec une résonance universelle. Processus d’exclusion, bureaucratie sans visage, juges fantoches et exécution en rase campagne…

Alors pourquoi Kafka reste d’actualité ? Parce que, comme tout artiste de génie, il voyait, il entendait, il comprenait ce que le sens commun ne voit, ni n’entend, ni ne comprend… Et il entendait très clairement que l’impudence et la médiocrité, l’absurdité et le ridicule sont au fondement des systèmes de terreur, que ceux-ci soient discrets ou planétaires.

Un beau matin, Joseph K. se fait « arrêter », sans qu’on le jette en prison, sans recevoir la moindre explication de la cause de cette arrestation. Et pourtant, en cherchant à se disculper d’une faute qu’il ignore, en la contestant, il va peu à peu donner une sorte de consistance à ladite faute. Sûr de son droit, il veut aller au-devant de ses juges et s’avance entre des pitres bornés, des femmes complaisantes et des conseillers accablants… Il avance dans le théâtre d’ombres où l’attendent ses exécuteurs.

La remarquable adaptation scénique de Daniel Wolf vise à mettre en valeur la grande théâtralité présente dans l’oeuvre de Kafka pour la rendre accessible avec toutes ses énigmes, ses drôleries et sesparaboles.

Mise en scène:

Daniel Wolf

Avec

Sonorisateur et régie son:

Jean Keraudren

Lumière et régie:

Michel Faure

Costumière:

(distribution en cours)

Maquilleuse:

Katrine Zingg

Assistant à la mise en scène:

Mirko Verdesca

Une production du Théâtre des Beaux Jours

EVENEMENTS

Jeudi 19 avril à l’issue de la représentation

Le comique est une question de survie chez Kafka

Invités :
Charles Mela, professeur de littérature, Université de Genève, directeur de la Fondation Bodmer, écrivain et conférencier
Daniel Wolf, auteur, metteur en scène

Modérateur : Eric Eigenmann, professeur de dramaturgie, Université de Genève

 


 

Le rêve d’un homme ridicule

de Fedor Dostoïevski

du 5 au 16 mai 2018 > recréation

Ce texte a un pouvoir magique, il émerveille en démontrant combien notre monde pourrait être paradisiaque, si l’être humain va au-delà de son amour propre. C’est l’histoire d’une métamorphose où le rêve devient un parcours initiatique sur le chemin d’un monde meilleur.

Traduction: André Markowicz

Mise en scène et interprétation: Jacques Maeder

Play Strindberg

de Friedrich Dürrenmatt

du 31 mai au 20 juin 2018 > création

Affreusement drôle, cette comédie grinçante tire à bout portant sur l’union sacrée du mariage. Un lynchage sans pitié où la farce et l’absurde donnent une vision métaphorique des impasses de la vie conjugale.

Mise en scène: Véronique Ros de la Grange

Avec : Pierre Banderet, Maria Mettral, Jacques Michel


 

EDITO

L’ ALCHIMIC : UNE MACHINE À JEUX

Durant cette dixième saison, l’équipe du théâtre Alchimic et les artistes à l’affiche poursuivent l’exploration d’un théâtre nécessaire, qui vous tend un miroir ludique de l’actualité, témoin de notre temps, afin de jouer un rôle utile dans notre société.

Sublimer la nature humaine, soulever les questions, briser les tabous, montrer les paradoxes, détruire les impossibles ou désapprendre le monde, font partie des nombreux objectifs que nous poursuivons.

Pour cela, nous faisons usage du mode de communication le plus naturel depuis la nuit des temps. On le pratique à tout âge, il est organique autant qu’universel, c’est le langage des enfants sans l’avoir appris. Ce mode fédérateur avec lequel l’humanité communique dans l’osmose est « LE JEU ».

Voilà pourquoi l’Alchimic souhaite être une machine à jeux des plus sophistiquées, et qu’avec elle tout devienne du jeu, c’est à dire tout ce que vous voyez, entendez ou ressentez. C’est pour interpeller l’enfant qui est en vous, car nous sommes tous de petits puis de grands enfants, disons, plus ou moins irresponsables. Ce que l’on fait à notre planète le démontre tous les jours.

Cette machine a l’ambition de créer toutes sortes de prétextes à jeux au service de l’ouvrage, de sa réalisation, mais surtout des acteurs, afin d’être pour eux une sorte d’accessoire multiple qui leur donne le pouvoir d’inventer tout en servant la pièce.

Ce concept souhaite vous divertir en guidant votre pensée dans le traitement d’un ouvrage. Il espère ainsi vous donner l’envie d’explorer toutes ses profondeurs, surtout si le propos est pesant. C’est une démarche qui recherche sans cesse un subtil équilibre entre le divertissement et l’effort demandé par chacun des sujets. Votre concentration en découle, d’où notre affinité pour des spectacles courts à des horaires compatibles avec les vôtres.

Les dix spectacles à l’affiche sont de véritables coups de cœur. Près de la moitié d’entre-eux traitent des oeuvres écrites ou adaptées à la scène par des auteurs locaux. La majorité des titres sont des créations genevoises, cela fait de l’Alchimic un théâtre vivant.

La Russie est à l’honneur, d’abord à cause du centenaire de la révolution d’octobre de 1917, dont parle la nouvelle création de Dominique Ziegler, mais aussi avec des œuvres d’Anton Tchékhov ou de Fedor Dostoïevski. Plusieurs spectacles sont pluridisciplinaires, ils font dialoguer l’art du jeu d’acteurs avec celui de la musique, des marionnettes, du clown ou de la vidéo. D’autres spectacles, dont l’écriture est plutôt le fait du texte, questionnent les conventions habituelles du théâtre. Ceux-ci changent totalement la configuration de la salle, pour placer le public dans un autre rapport, qui s’impose tant il est légitime, en bi-frontal, en cirque, et même en agora.

Nous affectionnons tout particulièrement les conceptions qui appréhendent la forme originale la plus adéquate pour traiter un ouvrage. Cela peut éveiller en vous votre curiosité et c’est cela qui nous intéresse.

Notre démarche est en forme d’entonnoir pour aboutir sur votre intense attention. C’est là que nous voulons vous atteindre. Nous espérons ainsi vous mettre en état de jeu et stimuler en vous l’envie de jouer votre rôle le plus correctement, celui de vous considérer comme des spect-acteurs, pour écouter, réagir et vous émouvoir…

Si tout est bon, du choix de la pièce et de son traitement jusqu’à celui des artistes, si le texte vous parvient puissamment au point de vous captiver, si vous buvez les paroles que vous entendez, c’est là que le courant passe et que le théâtre a une chance d’avoir lieu. C’est à dire l’art théâtral, ce que l’on nomme dans notre métier « l’état de grâce », lorsque les acteurs sont au bon endroit, qu’ils jouent avec justesse, et qu’ils n’interprètent pas mais incarnent leurs personnages.

Humblement, c’est ce que nous espérons, pouvoir vous emmener au paradis de la délectation théâtrale, cet idéal magique qui nous échappe, auquel nous aspirons.

En espérant que ces dix propositions ouvrent votre appétit, soyez les bienvenus au théâtre Alchimic pour la dégustation de ces plats variés aux saveurs théâtrales.

Pierre-Alexandre Jauffret
Directeur et fondateur de l’Alchimic